Ail des ours plante sauvage comestible

Les plantes sauvages comestibles

Lors d’un week-end de mai chez Ana’chronique, lieu ressource sur l’alimentation et la nutrition[1], nous avons vécu une rencontre merveilleuse avec de fins connaisseurs de la nature, en particulier des plantes sauvages.

Fortuitement, le week-end programmé de longue date, coïncidait avec une réunion des différents collectifs d’Auvergne qui œuvrent pour le respect de la nature, du vivant et pour une autonomie qui libère de la dépendance au système et à la pollution industrielle – alimentaire, médicamenteuse et énergétique.

Ainsi, Elisabeth de la Fontaine[2] et Guy Lalière[3], son ami et partenaire d’une conférence, ont partagé les vertus de certaines plantes sauvages comestibles. En libre service dans les champs !

Heureux de poursuivre ces partages aux cours des différents repas du week-end, je me suis ensuite penché sur le guide Plantes Comestibles[4] dont Guy est l’un des trois auteurs.

Récolter et cuisiner

La nature est providentielle pour ceux et celles qui savent voir, observer et respecter. Alors que les pénuries de toute part sont la cause d’une hyperinflation bénéfique aux industriels, la nature, bien que malmenée à dessein et par ignorance[5], pourvoit à nos besoins essentiels.

Avec leur expertise, Elisabeth et Guy nous ont communiqué l’envie de cuisiner ces récoltes champêtres qui méritent néanmoins quelques précautions.

La sécurité

Sur l’ensemble des plantes sauvages, peu sont véritablement toxiques et parmi les comestibles, certaines ne présentent guère d’intérêt gustatif ou sont à consommer avec modération.

L’identification des plantes est donc primordiale, la façon de les préparer et les consommer également. En cas de doutes, on s’abstient, comme pour les champignons !

Une consommation excessive peut également entrainer des désagréments chez les personnes les plus fragiles, c’est-à-dire les personnes les plus empoisonnées par une mauvaise hygiène de vie – alimentation industrielle, stress, manque d’exercice physique.

Les plantes sont de fabuleux nettoyeurs. Leur effet purgatif sera en effet d’autant plus « douloureux » et désagréable que la personne est « encrassée » ou polluée, conséquence d’une mauvaise élimination du fait d’émonctoires à bout de souffle – intestins, reins, foie, rate, poumons, peau, etc.[6]

Une écoute attentive de sa dégustation, de son odorat et de ses gouts est un excellent garde fou ![7]

L’identification des plantes

La vue, le toucher, l’odorat et même le gout sont les clés d’une bonne identification. Mais attention au gout qui peut s’avérer dangereux avec les plantes toxiques !

L’habitat des plantes se révèle être un bon indice pour l’identification de ces plantes. Il est d’ailleurs déconseillé de cueillir près des routes, des cultures agricoles et leurs produits chimiques.

Par exemple, la famille des Apiacées[8]plantes à fleurs dont cèleri, coriandre, cumin, anis, aneth, fenouil, persil ou carotte – le réel danger de confusion existe entre comestibles et toxiques, notamment avec les cigües et les œnanthes.

Qualité nutritive

La concentration élevée en micronutriments – vitamines, oligoéléments et minéraux – rend les plantes indispensables pour nos organismes, trop souvent carencés par la nourriture industrielle et/ou trop peu végétale.

Elisabeth insiste sur cet aspect nutritif des plantes : « ce que nous avons gagné en volume au potager, nous l’avons perdu en densité nutritionnelle. De plus, une potagère s’épanouit dans des conditions privilégiées quand une sauvage doit assurer sa survie et sa reproduction dans un milieu parfois très contraignant, ce qui la pousse à se protéger et donc à développer des substances qui pour nous seront ses principes actifs. Par l’ingestion, elle nous confère ses qualités d’adaptation. Et sa vigueur, sa ténacité, son endurance… »

Des précautions d’utilisation

Ainsi lors d’une transition d’une alimentation « moderne » vers une alimentation végétale et vivante, des symptômes désagréables surviennent. Ils sont légitimes. La transition doit donc s’opérer en douceur, avec précaution et en toute connaissance de cause, pour ne pas s’affoler ni se mettre en danger.

Le guide précise quelques familles de plantes dont il faut prendre garde, car si pour la plupart les plantes ne présentent pas de danger, certaines peuvent irriter, notamment si elles sont consommées crues.

A ce titre, la cuisson va permettre de tuer les parasites et de réduire certains effets toxiques. Néanmoins, la cuisson détruit également les micronutriments. En conséquence, il faudra donc trouver un juste équilibre pour savourer ces plantes, qui peuvent pour certaines être passées à l’extracteur de jus pour en tirer la quintessence : l’ortie est la plante par excellence à manger cru en jus, associée éventuellement à d’autres végétaux[9].

Elisabeth complète le propos sur l’extracteur en précisant que la concentration importante impose le mélange. « Certains jus sont juste imbuvables purs. Le smoothie est un bon compromis. Par exemple entre ortie, plantain et pissenlit avec de la pomme. »

Ortie dans un panier avec carafe d'huile

Conseils sur l’Ortie par Elisabeth

À savoir, l’ortie s’oxyde très vite et prend un goût très désagréable. A travailler plutôt au couteau qu’au blender sauf à la consommer immédiatement.
Le pesto d’ortie ou plantain est à mon sens la meilleure recette pour s’initier aux sauvages en mode cru, en plus des salades.

Elisabeth rappelle également le principe acquis de longue date pour les salades crues : « décrudir » dans une sauce, vinaigre ou citron avec de l’huile, émincer finement et laisser macérer. La digestion en sera facilitée.[10]

Un retour à la nature

Notre époque formidable vit un tournant historique : la société industrielle de consommation est arrivée à son terme. Ses dirigeants contrôlent à l’échelle planétaire l’économie, le social, la culture, les ressources, la santé et la politique.

La pollution, la surproduction de biens matériels, la cupidité et la mauvaise exploitation des ressources qui en découle, leurs imposent d’orchestrer l’hyperinflation et la réduction de la population mondiale[11] pour conserver la main mise sur cet empire financier et industriel, chancelant.

Le citoyen lambda n’a d’autres options désormais pour conserver sa santé, son indépendance, voire sa liberté, de se regrouper en communauté[12] pour s’autonomiser en harmonie avec la nature et sa nature. De se créer un nouveau mode de vie, plus respectueux de son biorythme et des ses besoins naturels essentiels.

Ce guide très précieux sur les plantes comestibles fait partie de ces outils à étudier, à maitriser. Et pour s’initier à la cueillette, le mieux est de commencer par les plantes sauvages les plus communes avec le trio ortie, plantain et pissenlit. Elles sont faciles à trouver, identifier et cuisiner !

Gratitude à Elisabeth et Guy pour nous montrer la voie. Et bonne lecture !

Ail des ours en forêt

Conseils sur l’ail des ours par Guy

Son goût est plus subtil que celui de l’ail cultivé. Ses feuilles se consomment en salade. Les hacher pour en faire un excellent pesto ou l’intégrer dans un beurre demi sel pour tartiner ou farcir des escargots. En légumes, elles accompagneront aussi viandes et poissons. Vous pouvez aussi les faire macérer dans l’huile d’olive pour parfumer de nombreux plats.

Références & Ressources

[1] Gérard Lecoq et Elisabeth de la Fontaine animent avec gentillesse et convivialité ce lieu de ressource sur l’alimentation et la nourriture. Un passage incontournable. L’objectif est de susciter des prises de conscience et de permettre de gagner en autonomie sur le mode « alimentation juste, pensée juste, action juste ».

[2] Retrouvez les cours d’Elisabeth pour une cuisine végétale, savoureuse, naturelle https://www.anachronique.fr/agenda.html

[3] Botaniste, Guy Lalière est formateur et initie vers l’autonomie alimentaire avec les plantes sauvages

[4] Plantes comestibles, Guy Lalière, Christophe Anglade, Christophe Leray, ed. Debaisieux, ce guide correspond aux plantes de métropole. Pour commander et retrouver les 20 1eres pages du livre : https://www.guylaliere.com/livre/

[5] Cf l’article Crise sanitaire et climatique : désastres et politiques similaires ?

[6] Les « colles » des hydrates de carbone cuits, notamment les céréales, encrassent la lymphe, les reins, etc.

[7] Voir le livre L’éloge du cru, de Dominique Guyot, sur l’odorat à partir de la page 19, un incroyable nez, ed. Médicis https://livre.fnac.com/a9234166/Dominique-Guyaux-L-eloge-du-cru-Comment-reconcilier-alimentation-et-sante

[8] Les Apiacées : une grande famille de 3700 espèces réparties en 434 genres qui poussent dans les régions tempérées du globe. https://www.conservation-nature.fr/plantes/apiaceae/

[9] Cf le livre sur Les jus frais de légumes de Norman Walker https://livre.fnac.com/a1364013/Norman-Walker-Dr-Votre-sante-par-les-jus-frais

[10] Les partisans du cru trouveront à redire sur cette « pré-cuisson » qui peut nuire aux micronutriments. Attention à aborder les sujets dans leur globalité et à prendre en compte la capacité digestive de l’individu, et également la haute teneur en micronutriments de la plante sauvage. A chacun en fonction de son état et de ses besoins, de tester et d’approuver ou non telle ou telle méthode.

[11] Cf l’article Conscience, science, écologie : la crise m’a ouvert les yeux

[12] Voir les articles sur les éco-villages et l’humain au cœur du vivant

 

Crédits photos :

  • Ail des ours par DerWeg de Pixabay (gros plan)
  • Ortie par congerdesign de Pixabay
  • Ail des ours par ivabalk  de Pixabay (en forêt)

Un commentaire ?