Cible pour objectif de vie

Faut-il se fixer des objectifs ?

Les coachs l’enseignent : il n’est pas facile d’avancer dans la Vie sans objectifs clairement définis. Il serait donc nécessaire de se fixer des objectifs pour grandir, conquérir, se réaliser soi-même et se nourrir de satisfaction par cette « self-realization » comme aimait le souligner Swamiji Prajnanpad[1].

Des objectifs dans quel objectif ?

N’est-ce pas paradoxal de se poser la question ? Pourquoi doit-on, ou devrait-on avoir besoin de définir des objectifs ? Est-ce une pratique universelle ?

La plupart ne le font pas. Et vous me direz : la plupart ne réussissent pas ou ne sont pas heureux…

Nous y voilà ! Réussite, bonheur… Le développement personnel, cette quête de la sagesse, du bonheur ou de la sérénité perpétuelle.

Alors oui, dans ce référentiel du développement personnel, devenir un meilleur humain, se fixer des objectifs est le premier outil que nous utilisons pour focaliser sur une direction, des moyens à mettre en œuvre et des outils de mesure pour valider notre progression. Cette progression permet de nous stimuler pour progresser toujours et encore dans cette quête incessante de performance. Et ça fonctionne !

Pour certains. En tout cas pour ceux qui s’y collent, s’y accrochent et s’astreignent à une certaine discipline qui finit par s’intégrer.

Depuis bien plus de 10 ans, je pratique tous les jours de la gymnastique taoïste et du taï chi. Une routine matinale qui est désormais intégrée au même titre que se laver les dents. D’ailleurs, cette pratique routinière ne se réalise pas toujours en conscience, en pleine présence ou attention à ce qui se vit. L’aspect mécanique, automatique. Et pour l’entrainement sportif, le fitness par exemple, ces pratiques donnent des résultats d’autant plus visibles qu’elles sont associées à des objectifs. Congratulations !

Comment définir les objectifs

Un objectif est opérationnel et ne doit dépendre que de moi en termes d’action. Il est néanmoins sans garantie puisque d’autres facteurs extérieurs peuvent impacter.

L’objectif constitue une étape et des actions pour se rapprocher d’un but, le résultat escompté.

Il est « smart[2] » : Spécifique, Mesurable – ou objectivable, Ambitieux, Réaliste, Temporel – daté ou à échéance.

Un objectif est utile pour :

  • Diminuer le stress,
  • Focaliser son attention sur ce qui ne dépend que de soi,
  • Augmenter sa satisfaction,
  • Augmenter sa confiance en soi.

Et si l’objectif devient une contrainte ?

Ai-je besoin d’objectifs ?

Suis-je à ce point peu épanoui ou perdu dans ma vie pour avoir besoin de recentrer mon chemin ?

Ma vie ? Et si la question était suis-je épanoui dans La Vie ?

En changeant de référentiel et en cessant de m’identifier à ce personnage de matière, je m’inscris dans une autre démarche. Celle de comprendre que je ne suis que partiellement – ou pas du tout ? – l’auteur de ma vie.

Suis-je réellement à l’origine de tout ce qui arrive, de tout ce qui m’arrive ?

La physique quantique confirme que la matière est discontinue : elle apparait 1044 fois par seconde dans des allers-retours vide-matière imperceptibles pour l’œil et le cerveau humains. Qui génère ces allers-retours ? Qui crée le vide qui façonne la matière ?[3]

Le JEU de la Vie

La Vie est un grand mystère qui ne peut se contrôler. La Vie est complétude, alliant tout et son contraire au même moment : naissance, mort, paix, guerre, santé, maladie, immobilité, mouvement, présent, éternité, etc. Dans ce référentiel inévitable et insaisissable pour un mental limité par nature, peut-on dès lors échapper à la plénitude, à la quiétude ?

La Vie mérite de se laisser être. Soi-même, comme l’un des multiples reflets du mouvement de la Vie. Notre origine est ce vide qui, contrairement à la matière à laquelle nous nous attachons, n’est pas soumis aux contraintes de l’espace-temps. Ce sont les lois de la physique[4], en aucun cas une opinion politique ni même philosophique.

Dans ce cas, je ne suis qu’un acteur-spectateur d’un vaste JEU pour lequel il m’est juste proposé de m’accorder aux mouvements de la Vie, sans résistance, sans effort. Dès lors, l’abondance de la Vie fait le reste.

L’important n’est pas d’éviter à tout prix les obstacles de la Vie, mais de les vivre avec la souplesse d’un Être pleinement vivant, car pleinement conscient dans l’instant des mouvements du JE – du personnage – dans le JEU – de la Vie.

Alors besoin d’objectifs ? Ou de lâcher prise pour mieux vivre ? A chacun son chemin.

Références

[1] Cf Swami Prajnanpad, sage et scientifique indien dont les enseignements ont été notamment vulgarisés par Arnaud et Denise Desjardins et Daniel Roumanoff.

[2] Smart en anglais signifie Intelligent.

[3] La respiration, le mouvement des muscles, les différentes coordinations des différents systèmes du corps humain, digestif, sanguin, nerveux, lymphatique, etc. sont spontanés et non contrôlés par le cerveau de la tête. Le mental, le moi, ne contrôle ni ne dirige le fonctionnement organique de l’humain, même s’il peut l’impacter.

[4] Un atome est fait à 99.999% de vide et 0.001% de matière visible. Si l’on pouvait enlever ce vide des matériaux de construction de l’Empire State Building de New York, ce dernier tiendrait dans un grain de riz qui pèserait plusieurs milliers de tonnes !

Cf l’article sur la dualité et la non-dualité

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